Super nuit, il fait très beau et j'émerge a 9h17 ! Rhein route... Ou Maas route !? Je sais plus trop. Je rejoins un gros canal, et c'est étonnant, la piste est entre deux voies d'eaux, bordées de moulins. Passage obligé et endroit hautement touristique visiblement. Entre les vélos, les piétons et les bateaux, c'est serré... Il y'a beaucoup de français. Il y'a trop de français. Il n'y a que des français... Du vent toujours. Un dernier bac, puis les berges de la ville. C'est moderne, ça se jette vers le ciel. Je prend possession de l'auberge. Pas terrible. Pas de salle commune, pas de cuisine, pas de personnel ou presque. Et des escaliers dont je me souviendrais longtemps ! Premier tour de ville, je prend la température et ça me plaît. La ville au soleil et en musique. C'est une belle ville, aérée, pas trop dense mais moderne. La logistique et les flux ont été intensément réfléchis. Il y a de la place, on circule bien, et tout est pensé pour vivre a hauteur de piétons ou de cyclistes. Ça renforce ma conviction qui veut qu'une ville soit pensée a hauteur de piétons. La maîtrise de l'eau est impressionnante. Digues, barrages, pompes, écluses, toits verts et "waterplein" ont remplacé les antiques moulins qui pompaient l'eau. Car il est un point important en Hollande. Ils avaient deux ressources a presque volonté. De l'eau et du vent... Ils ont utilisé la première pour pomper, retenir et canaliser la deuxième. Point de minoterie dans ces moulins a vents, mais de complexes systèmes hydrique. Je précise car ce n'était pas une évidence pour moi. Ils sont tellement bons, qu'ils se paye même le luxe d'avoir un métro qui semble parfois plonger dans le canal voisin ! Sur conseil, j'ai laissé mon vélo dans un parking souterrain gratuit mais sous vidéo de la municipalité. Petite rampe a brosses pour laver les roues en descendant, et tapis roulant pour remonter. Grande classe ! 80 a 90 % de la ville fut rasée par les bombes allemande au tout début de la seconde guerre mondiale. La "forteresse Hollande" était au centre du plan et devait être le bastion des alliés face au moustachu. Différentes lignes complexes de défense avaient été préparés avec inondation en cas de débordement. Pour faire court, rien ne se passa comme prévu, tout le monde se barra, a part les français, mais qui firent leur truc dans leur coin sans concertation. Laissé seuls, devant la rapidité de l'avancée Germaine, les hollandais se rendirent, mais en ordre dispersé. Ce qui fit tomber les bombes alors qu'un accord venait d'être signé par la ville. Il était trop tard pour rappeler les bombardiers... D'après les allemands... Après ça, une grande inondation en 53. Ils sont donc repartis de zéro ou presque. Avec succès d'après moi... C'est moderne et résilient. On en discute avec Marianne et Janou dudok café. Entre autres sujets... Changement de décor ensuite avec un quartier épargné par l'oblitération nazie. C'est superbe avec toujours ces petites briques rouges, et ces façades étroites pleines de fenêtres sculptées. Aujourd'hui je sais pourquoi je suis parti ! Aujourd'hui je sais pourquoi j'en chie !

Je retrouve Bibi et Mathis après un peu de logistique a l'hôtel moisi. On fait une balade plutôt cool, et c'est quand même dingue de le croiser la ! Il était toujours sur ma route, c'est incroyable !! On passe une bonne soirée, que je n'ai pas besoin de conter, je m'en souviendrais... Et oui n'oubliez pas, j'écris tout ça pour moi... Contre toutes attentes, Rotterdam se présente comme une belle étape. Une ville énergique, tournées vers l'avenir, mais facile a vivre et à naviguer. Déjà inquiète, c'est bien normal, mais aussi responsable, c'est trop rare, de sa place dans 30, 50 ou 100 ans. Cela aurait sûrement mérité plus de deux nuits... Mais ce n'était pas un arrêt prévu au départ et il faut avancer, tant pis. Une belle découverte cela dit, je conseille mais pas dans mon hôstel...